La lumière aujourd’hui a repris du poil de la bête.
Le soleil un peu frileux a nettoyé le ciel détrempé par la pluie.
La Ville semble comme assagie, presque silencieuse.
Le ronronnement de l’ordinateur me parvient aux oreilles.
Je vais le remplacer par quelque chose d’humain, en décalé,
en différé, en « éloigné »,
une musique pas trop tonitruante,
ni tueuse de tranquillité pour l’esprit. Laquelle ? Souad Massi… Deb…
ou ce prodigieux Dhafer Youssef dans Miel et Cendres ?
Impression d’alcôve, de temps préservé, l’écriture en robe de présence,
comme lavée elle aussi, du superflu,
de ce qui empêche de simplifier le regard et la respiration.
Les doigts suivent la ligne de crête des pensées,
ils caracolent souplement sur le clavier.
Ils jouent à la marelle sans consignes véritables.
Pas envie de sortir. Le corps est alangui.
Interroger le lien, contourner les turbulences par le retrait .
Ajourner les débats. Abraser les préférences. Bouturer la patience.
Privilège. Privilège des mots. Profit de la mémoire ainsi apprivoisée.
Partage à l’intérieur, traçage de lignes symboliques. Le dehors et le
dedans se fécondent au ralenti. Plus aucune friction.
Les espaces s’abouchent au souffle.
Les yeux sont apaisés.
Les oreilles chantonnent.

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